drone

« La France compte [ en 2015 ] 200 000 drones de loisirs et 2 300 opérateurs professionnels qui utilisent 4 200 drones ».

De quelques dizaines de grammes et quelques centimètres pour les drones civils, à plusieurs mètres et pas mal de kilos pour ceux militaires, la palette des modèles est très large.
De même que les usages...

Entre la surveillance, les destructions, les documentaires, les courses, la guerre ou le travail, il y a presque autant de drones que d'utilisations différentes.

Petit panorama de l'offre et des enjeux...

La foire du Drone, un reportage de Stéphane Cosme

La foire du Drone, un reportage dans cet univers aux frontières encore mouvantes où se côtoient agents économiques, industriels, et défricheurs d’avenir.

« On les connait jouets (il s’en est vendu près de quatre cent mille l’année dernière en France, dont 64% pendant les fêtes) et ce record devrait bientôt être battu : cette année encore, ils seront dans quelques semaines en vedette aux pieds des sapins.

Ils se rendent progressivement indispensables à la télé et au cinéma.

Les drones, ces aéronefs sans pilote, télécommandés ou programmés prennent imperceptiblement de plus en plus de place dans nos vies. Inspection de bâtiments de grande hauteur, surveillance des voies ferrées, gestion des foules par les forces de l’ordre, les applications ne semblent avoir comme limites que celles de l’imagination humaine. Et celles d’une réglementation naturellement pas encore adaptée aux possibilités de ces machines qui, pour le moment laissent perplexes les autres « usagers » du ciel. Pour certains pilotes d’avions ou d’hélicoptère, pour des personnes ayant en charge la sécurité publique, leur prolifération constitue même une menace. »

Un reportage de Stéphane Cosme.

Prise de son : Eric Dammagio. Mixage : Claire Levasseur. Réalisation : Violaine Ballet, assistée de Marion Philippe

C'est quoi un drone ?

drone a 100 ans Un drone (de l'anglais drone) est un aéronef sans pilote à bord (mais le plus souvent télécommandé). Le drone peut avoir un usage civil ou militaire.

En France, la réglementation incorpore les activités d'aéromodélisme avec celle des drones. Par abus de langage, le drone désigne alors tous les appareils « télé-pilotés », selon le terme consacré par la réglementation française, autrement dit outre les hélicoptères et avions, des voitures, bateaux etc.

Les premiers drones remontent à la fin de la Première Guerre Mondiale.

Dès 1916, Archibald Low lance l’Aerial Target un projet d’avion-cible commandé à distance par des ondes de TSF (Télégraphie sans fil) en Grande-Bretagne. 

Le drone est donc bien centenaire...

 

Le transfert des technologies du secteur militaire au civil ouvert de nouvelles applications civiles dans des secteurs très variés et innovants.

Un drone, lors de son vol, embarque une charge utile spécifique. Par exemple une caméra vidéo, un appareil photo, des capteurs multi spectraux ou infrarouge. La visée des drones est de permettre aisément la capture de données aériennes qui par la suite peuvent être traitées et analysées (exemples : orthophotos, modèles numériques, cartographie, thermographie etc.).

Mais c'est aussi le suivi de production dans l’agriculture, la maintenance d’ouvrages d’art difficilement accessibles, la surveillance des départs d’incendies, etc.

Ou encore des usages moins licites...

Utilisation des drones

Piloter un drone nécessite de se conformer à des règles strictes de vol.

Un guide complet à télécharger : http://www.developpement-durable.gouv.fr/

 

MinistèreL’utilisation d’un drone dans des conditions d’utilisation non conformes aux règles édictées pour assurer la sécurité est passible d’un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amendeen vertu de l’article L.6232-4 du code des transports.

image lien https://www.legifrance.gouv.fr/

Pour pouvoir piloter une drone à titre professionnel, la DGAC exige l’obtention du brevet théorique de pilote d’ULM.

Fabriquer un drone

La fabrication d'un drone est à la portée de tout bon bricoleur. Il existe même des kits « presque prêt à voler » avec le cadre, les moteurs et la plupart des pièces « de base ».

Ici, il ne s'agit évidemement pas d'apprendre à constuire un drone. De nombreux sites existent pour cela.

image lienhttp://www.robotshop.com/blog/fr/

 

Shématiquement, un drone est constitué :

  • d'un châssis, une structure légère et solide qui relie et supporte tous les éléments
  • de moteurs (avec hélices) dont la puissance va déterminer la capacité d'emport et qui sont dotés d'ESC ( pour «   Contrôleur de vitesse électronique  »)
  • batterie
  • Contrôleur de vol, un circuit intégré généralement composé d’un microprocesseur, de capteurs, de capteurs, à minima un gyroscope à trois axes et de broches d’entrée/sortie. Il peut aussi comporter un Accéléromètre, une Centrale à inertie, une Boussole/Magnétomètre, un capteur de Pression/Baromètre, de distance au sol, un GPS...

Piloter un drone

Comment piloter un drone ? Les moyens sont nombreux


Le vol programmé

vol programmé

Un logiciel de programmation affiche une carte satellite de type Google Earth. Il suffit d’indiquer les points de passage à l’écran, la hauteur de chacun d’entre eux, éventuellement l'inclinaison de la caméra, la vitesse pour que le vol se déroule de manière automatique.

image lienUn exemple avec les drones Parrot : http://blog.parrot.com/


La radiocommande

C’est l’outil le plus classique, hérité du radiomodélisme. Elle fonctionne généralement en 2,4 GHz, avec une technologie de saut de fréquences qui permet d’éviter toute interférence sans se préoccuper de savoir sur quel canal on émet. Les radiocommandes en 2,4 GHz portent à une distance variant entre 20 mètres pour les tout petits modèles et 500 mètres pour des drones plus imposants. Notez que certaines radiocommandes sont à la norme 5,8 GHz pour éviter les conflits avec des caméras WiFi (en 2,4 GHz).


Smartphone et tablette

C’est le constructeur français Parrot qui l’a mise au point. La portée actuelle est de 300 m, qui peut toutefois être augmentée via une télécommande adaptés. Mais le moindre obstacle ou parasite peut perturber la connexion. Les modèles les plus évolués, dotés d’un GPS, peuvent alors être programmés pour revenir automatiquement à leur point de départ.


« Follow me »

C'est une fonction qui permet au drone de vous suivre – ou vous précéder, en suivant votre déplacement à la trace. Idéal pour se filmer tout seul pendant une activité sportive ! Techniquement parlant, vous êtes équipé d’un dispositif capable de déterminer votre position GPS en temps réel et la communiquer sans fil au drone, un smartphone ou un bracelet GPS.


Vols immersifs 

Outre les retours image sur Samrtphone ou tablette, elle peut aussi être projetée dans des lunettes dites d’immersion. Avec ces lunettes, il est possible de piloter comme si on se trouvait assis dans le cockpit du drone.

image lienwww.federation-drone.org/

Ethique du drone

La question des drones militaires n'est pas non plus sans poser quelques questions éthiques...
Les drones n’engagent pas seulement des questions de doctrine militaire et d’art de la guerre, mais posent des problèmes moraux, politiques et métaphysiques dont il faudrait mieux débattre avant qu’il ne soit trop tard.

Politique du droneC'est le thème d'une émission de France Culture, Place de la Toile, animée par Xavier de la Porte intérogeant Grégoire Chamayou, Philosophe, chercheur au CNRS, au laboratoire Cerphi de l’ENS Lyon et donc l’auteur de cette Théorie du drone qui vient de paraître à La Fabrique.

« Avec le drone armé, entre la gâchette sur laquelle on a le doigt et le canon d'où va sortir le projectile, ce sont des milliers de kilomètres qui s'intercalent. Cette mise à distance fait éclater la notion même de guerre : qu'est-ce qu'un combattant sans combat ? où est le champ de bataille ? et peut-on vraiment parler de guerre quand le risque n'est pas réciproque, quand des groupes humains entiers sont réduits à l'état de cibles potentielles – en attendant de devenir légitimes ?
Dans la guerre à distance, peu importe que ce soient des machines qui tuent des êtres humains : l'essentiel est qu'elles les tuent humainement. Ce livre montre la gravité des questions éthiques, psychologiques, juridiques, que pose cette nouvelle merveille de la technologie militaire. »

Drone et IA

drone militaire En intelligence artificielle, les chercheurs développent des programmes qui doivent répondre à une problématique qui n’est pas clairement formulée. Et qui seront développés en fonction des différentes données en temps réel reçues par les capteurs du drone.

Un drone doit pouvoir s'adaptater en fonction de sa mission, de l’environnement et des imprévus.
Pour l'instant, la collaboration entre le drone et l’opérateur est encore essentielle dans la prise de décision en particulier dans le domaine militaire. Les efforts se poursuivent pour tenter de modéliser cette expérience, ou « simplement » de l’apprendre avec des réseaux de neurones artificiels.

A quand une décision de tir prise par un drone ?

Les robots tueurs

drone militaire "Depuis 2012, elle est régulièrement dénoncée par une coalition de 51 organisations non gouvernementales (ONG) coordonnée par Human Rights Watch, dans le cadre de la campagne internationale « Stop Killer Robots » (« Arrêtez les robots tueurs »). Le mouvement de protestation a été relancé à grand bruit, le 28 juillet, grâce à une lettre ouverte signée par près de 3 000 personnalités, dont des chercheurs en robotique, des scientifiques comme le physicien Stephen Hawking et des figures de l’industrie high-tech, comme Elon Musk, PDG de Tesla Motors, ou Steve Wozniak, cofondateur d’Apple – des gens qu’on peut difficilement taxer de technophobie.

Pour eux, un tel robot militaire, et tous ceux qui risquent de suivre du fait des avancées rapides de l’intelligence artificielle, soulève de graves questions éthiques et juridiques qui remettent en cause le droit de la guerre.

Le plus inédit est de donner à une machine autonome la possibilité de tuer. C’est un droit moral qui a toujours été réservé aux humains sur le champ de bataille. Comme le rappelle un responsable de Human Rights Watch, « il faut un homme pour décider d’arrêter le tir et faire des prisonniers, pour reconnaître un soldat portant un drapeau blanc, pour évaluer si la riposte est équilibrée ». Or, le robot sentinelle SGR-A1 est incapable de faire ces choix : il tire automatiquement sur tout ce qui bouge. Ce faisant, il risque à tout moment de violer deux principes du droit international humanitaire (DIH), qui régit les conflits armés depuis les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels ;
d’une part, la règle cardinale de la « distinction » entre les civils et les militaires ;
ensuite, la nécessité d’éviter des violences «  disproportionnées  » par rapport aux menaces, et donc de procéder à une évaluation.

drone militaire On l’appelle SGR-A1. De jour comme de nuit, sur un rayon de 4 kilomètres, ce robot militaire décèle, grâce à son logiciel de « tracking », les mouvements d’un intrus. Mis en marche à distance, cet automate pour poste-frontière tire de lui-même, de façon indépendante, sur toute personne ou véhicule qui s’approche. Conçu par Samsung, il est équipé d’une mitrailleuse, d’un lance-grenades, de capteurs de chaleur, de caméras de détection infrarouge et d’une intelligence électronique. En septembre 2014, la Corée du Sud a installé plusieurs de ces engins le long de la zone démilitarisée qui la sépare de la Corée du Nord, afin d’éviter d’envoyer des soldats dans des endroits isolés.

image lien http://www.lemonde.fr/culture/visuel/2015/10/17/faut-il-interdire-les-robots-tueurs-autonomes_4790497_3246.html

Dernière mise à jour le 14 juillet 2017