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 liberté de la presse La liberté de la presse est l'un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques qui repose sur la liberté d'opinion et la liberté d'expression. C’est donc une condition nécessaire à l'exercice de la démocratie.

En France, c'est article 11 de la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui en fixe les contours pour la première fois. « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »

Liberté de la presse

L'imprimerie, la poste, puis les gazettes imprimées sont nées en pays germanique

Suède La Suède est le premier pays au monde à instituer le droit de la presse dès 1766 et l'interdiction de toute limitation du droit de publication fait partie de la Constitution du pays.

Virginie En 1776, l'État de Virginie se place dans la logique de la Suède : la section 12 du Virginia's Bill of Rights, la Loi fondamentale de l'État, indique qu'aucun gouvernement ne peut empêcher l'expression de la liberté de la presse.
La Constitution des États-Unis reprend à son compte ce principe. Le premier amendement de la Constitution américaine voté en 1791 stipule que « le Congrès ne fera aucune loi restreignant la liberté de parole ou de la presse ».

Gazette En France, la première Gazette, de Théophraste Renaudot arrive 1631 en même temps que les Nouvelles ordinaires des libraires Martin et Vendosme.

Par leur contenu et leur prix, les gazettes de l'Ancien Régime étaient réservées à une élite. Et jusque dans les années 1770, la presse d'information se vit interdire tout commentaire politique.

Le premier journal d'opposition, le Journal des états généraux, naît avant même le début de la Révolution. Il sera vite interdit. Malgré tout, les premières années de la Révolution ouvrent une période de grande liberté pour la presse


Plus d'un millier de journaux voient le jour entre 1789 et 1794.

L'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 stipule « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi. ».

image lien Loi du 29 juillet 1881

Puis, à partir de 1794 et durant toute la période de l'Empire (1804-1814 ; 1852-1870) et de la Restauration (1814-1830), la presse est muselée. Les journaux sont de moins en moins nombreux : en 1811, il n'en reste que quatre à Paris, qui sont tous placés sous l'étroit contrôle de l'État.


A partir du XIXème siècle, les presse prend son essor en Europe et aux États-Unis. Les conditions économiques permettent en effet la création d'un véritable marché des lecteurs.

Les évolutions techniques, télégraphe, téléphone, télévision, bouquets satellitaires vont donner naissance aux autoroutes de l'information (Internet) et à l'internationalisation des médias

Limites de la liberté de la presse

Il existe toutefois des limites légales à la liberté de la presse

carte de presse La carte de presse s'obtient en faisant une demande à la Commission de la carte d'identité des journalistes, une instance composée à nombre égal de représentants des employeurs et des journalistes. Il faut exercer la profession depuis au moins 3 mois et cette activité doit représenter au moins 50 % des revenus.
Le journaliste débutant est ensuite stagiaire pendant deux ans (un an pour ceux qui ont suivi un cursus de l'Etat).
La carte de presse est ensuite renouvelée (ou pas) tous les ans. Coût : 24,40 € en 2012.
La carte de presse permet d'entrer gratuitement dans les musées et divers lieux publics (palais de justice, ministères...)

Quelques règles d’ordre général :

  • Ne pas porter atteinte à la vie privée et au droit à l’image d’autrui
  • Ne pas tenir certains propos interdits par la loi : l’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse, l’apologie de crimes de guerre ou du terrorisme, les propos discriminatoires à raison d'orientations sexuelles ou d'un handicap, l’incitation à l'usage de produits stupéfiants, le négationnisme
  • Ne pas tenir de propos diffamatoires : la diffamation se définit par toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne[1]. Il est possible pour se défendre d’une accusation de diffamation d’invoquer l’exception de vérité[2], c’est-à-dire de rapporter la preuve de la vérité de ses propos (sauf si la diffamation concerne un élément de la vie privée)
  • Ne pas tenir de propos injurieux : l’injure se définit comme toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait
  • Il existe également des limites spécifiques telles que le secret professionnel, le secret des affaires et le secret défense qui interdisent la publication et la divulgation de certaines informations
  • Certaines personnes, en raison de la fonction qu’elles occupent, sont tenues à un « devoir de réserve ». C’est le cas des fonctionnaires qui doivent exprimer leurs opinions de façon prudente et mesurée, de manière à ce que l’extériorisation de leurs opinions, notamment politiques, soit conforme aux intérêts du service public et à la dignité des fonctions occupées. Plus le niveau hiérarchique du fonctionnaire est élevé, plus son obligation de réserve est sévère

La liberté d'expression n'est donc pas totale et illimitée. On l'a vu, les principales limites à la liberté d'expression en France relèvent de deux catégories : la diffamation et l'injure, d'une part ; les propos appelant à la haine, qui rassemblent notamment l'apologie de crimes contre l'humanité, les propos antisémites, racistes ou homophobes, d'autre part.

Les mêmes textes encadrent ce qui est écrit sur le Web, dans un journal ou un livre : l'auteur d'un propos homophobe peut être théoriquement condamné de la même manière pour des propos écrits dans un quotidien ou sur sa page Facebook.

L'éditeur du livre ou le responsable du service Web utilisé est également considéré comme responsable.

En pratique, les grandes plates-formes du Web, comme YouTube, Facebook, Tumblr ou Twitter, disposent d'un régime spécifique, introduit par la loi sur la confiance dans l'économie numérique : ils ne sont condamnés que s'ils ne suppriment pas un contenu signalé comme contraire à la loi dans un délai raisonnable.

Pour aller plus loin !

L'article des décodeurs du Monde. « Charlie  », Dieudonné… : quelles limites à la liberté d'expression ?

image lien http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/

Réseau sans frontière

La liberté d’information est le fondement de toute démocratie. Pourtant, près de la moitié de la population mondiale n’a toujours pas accès à une information libre.

RSF est une organisation internationale indépendante basée à Paris. Ses sections à l’étranger, ses bureaux dans dix villes, dont Bruxelles, Washington DC, Berlin, Tunis, Rio, Stockholm, et son réseau de correspondants dans 130 pays lui confèrent une forte capacité de mobilisation et d’interpellation, ainsi qu’une influence sur le terrain comme dans les ministères et les enceintes où sont rédigées les normes sur la presse et Internet.

Fondée en 1985 à Montpellier par quatre journalistes, l’association est devenue une organisation leader dans le monde pour la défense et la promotion de la liberté de l’information.

Classement mondial de la liberté de la presse

RSF

Les actions de RSF sont nombreuses

ACTIONS DE TERRAIN | DÉNONCIATION DES EXACTIONS | INTOLÉRANCE RELIGIEUSE | RAPPORTS ET STATISTIQUES | PROTECTION DES JOURNALISTES | LIBERTÉS SUR INTERNET | INDÉPENDANCE DES MÉDIAS | PROTECTION DES SOURCES | INSTITUTIONS INTERNATIONALES | ÉVÈNEMENTS

La confidentialité en ligne pour les journalistes

Le site https://fr.vpnmentor.com propose un guide, écrit par un journaliste pour ses collègues partout dans le monde. Il pourra les aider à protéger leur travail et accomplir leur mission.

Il s'agit notamment pour les journalistes de mieux protéger leurs sources, et d'apprendre à rendre la tâche difficile à ceux qui souhaiteraient intercepter les emails, SMS ou appels. Sont abordées entre autres les notions de chiffrage des données, de messageries sécurisées, les blackphone, comment acheter un ordinateur sécurisé, les VPN, Tor...



image lien La confidentialité en ligne pour les journalistes

Quelle confiance ?

Les français ont de moins en moins confiance dans les médias.

Sondage TNS France. Baromètre 2016

Question : En général, à propos des nouvelles que vous lisez/voyez/entendez dans un journal/ à la radio/ à la télévision/ sur internet est-ce que vous vous dites : les choses se sont passées comme… les raconte :

TNS

Le paradoxe d'Internet

CharlieAu moment où internet transforme en profondeur les habitudes de la planète, le média internet est l’objet d’un paradoxe dans l’opinion française.

Alors qu’internet est devenu le second moyen d’information privilégié par les Français, 20% d’entre eux sont d’abord informés par internet, (-2 points), derrière la télévision (54%, -1 point), c’est également celui qui leur inspire le moins confiance : 31% seulement des Français pensent que les choses se sont passées comme internet les raconte.

C’est aussi le plus bas niveau de confiance depuis janvier 2008.

On notera à nouveau une fracture générationnelle sur la consommation de médias : 38% des moins de 35 ans s’informent principalement par internet, contre 20% au total.

La Caricature

Charlie La caricature, la parodie et le pastiche sont protégés par une exception au droit d’auteur, instaurée au titre de l’intérêt général par le législateur pour permettre le débat d’idées, la libre critique et la création artistique.

La jurisprudence consacre en effet le droit à l'excès, à l'outrance et à la parodie lorsqu'il s'agit de fins humoristiques.

Ainsi, en 1992, le tribunal de grande instance de Paris estimait que la liberté d'expression « autorise un auteur à forcer les traits et à altérer la personnalité de celui qu'elle représente », et qu'il existe un « droit à l'irrespect et à l'insolence », rappelle une étude de l'avocat Basile Ader.

Liberté de la presse

Dans le cadre d'un projet européen d'éducation aux médias contre les discours de haine (BRICkS), Media Animation asbl, centre de ressource en éducation aux médias, a développé un nouvel outil pédagogique d'exploration critique des caricatures contre les discriminations.

image lien http://www.educaricature.be/

Déontologie

Le salaire moyen d'un journaliste est d'environ 3616 € brut par mois avec une énorme disparité entre régions et métiers.

Mais l'avantage le plus critiqué et remis en cause est l'allocation pour frais d'emploi qui permet de retirer à son revenu brut fiscal la somme de 7 650 euros. Le calcul de l'impôt est donc diminué d'autant, ce qui procure un avantage non négligeable.

Exemple : un journaliste gagne 2 000 euros par mois, soit 26 000 euros par an (avec un 13e mois). Au moment de déclarer ses impôts, il décompte 7 650 euros. Il est donc imposable sur 18 350 euros. Selon le simulateur officiel, un célibataire sans enfants gagnant 26 000 euros payerait 1 937 euros d'impôts. Un journaliste au même salaire ne paiera que 973 euros.

Il faut distinguer loi et déontologie

La déontologie concerne les règles morales que se fixe une profession.

Faut-il accepter les cadeaux ? Un journaliste doit-il déjeuner avec des hommes politiques 

La réponse à ces questions ne se trouve pas dans un texte de loi.

Il existe ainsi un code de déontologie, qui remonte à la Premère Guerre mondiale. Les journaux n'avaient donné que de bonnes nouvelles des combats. A la sortie de la guerre il devient alors urgent d'établir des règles qui encadrent la profession.

En 1918, le SNJ (Syndicat nationale des journalistes) adopte la première charte des devoirs professionnels des journalistes français. Révisée et complétée en 1938, elle devient, en 1971, la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, dite aussi « Charte de Munich ».

La nouvelle version, adoptée en 2011, reprend le principe du secret professionnel, déjà présent en 1918 et en 1938, en y ajoutant un devoir jugé essentiel, celui de protection des sources d'information des journalistes.

C’est dans ces conditions qu’un journaliste digne de ce nom :

  • Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles, mêmes anonymes ;
  • Respecte la dignité des personnes et la présomption d’innocence ;
  • Tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ;
  • Exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent ;
  • Dispose d’un droit de suite, qui est aussi un devoir, sur les informations qu’il diffuse et fait en sorte de rectifier rapidement toute information diffusée qui se révèlerait inexacte ;
  • N’accepte en matière de déontologie et d’honneur professionnel que la juridiction de ses pairs ; répond devant la justice des délits prévus par la loi ;
  • Défend la liberté d’expression, d’opinion, de l’information, du commentaire et de la critique ;
  • Proscrit tout moyen déloyal et vénal pour obtenir une information. Dans le cas où sa sécurité, celle de ses sources ou la gravité des faits l’obligent à taire sa qualité de journaliste, il prévient sa hiérarchie et en donne dès que possible explication au public ;
  • Ne touche pas d’argent dans un service public, une institution ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;
  • N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
  • Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication ;
  • Cite les confrères dont il utilise le travail, ne commet aucun plagiat ;
  • Ne sollicite pas la place d’un confrère en offrant de travailler à des conditions inférieures ;
  • Garde le secret professionnel et protège les sources de ses informations ;
  • Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge.
source : SNJ

 

A savoir !

Rien n'oblige un journaliste à respecter cette charte...